A la recherche de Tuong Van

Ce matin, on est parti dans les montagnes à la recherche de Tuong Van

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La route est sinueuse et annonce des montées/descentes à 10%. Il faut du temps pour arriver jusqu’au village. Le village: 4 maisons qui se courent après.

On arrive devant la maison de Tuong Van, mais celle-ci est fermée par un cadenas, personne n’est là.

Tuong Van, c’est cette petite fille de 8 ans qui ne demande qu’à sourire. Sa maman est une prostituée notoire qui ne s’occupent pas vraiment de ses enfants, d’ailleurs, il n’y a de ça pas si longtemps elle a accouchée, et a déjà vendu son bébé. Ce n’est pas la première fois. On s’inquiète. Ou peut-elle être?

On reprend la route, on retraverse la montagne. On décide d’aller à son école primaire pour y prendre des informations.

Quand on arrive, tous les enfants viennent vers nous, ils se demandent ce qu’il se passe, ils sont curieux de voir un petit groupe avec des occidentaux. Certain nous donnent du « hello » et d’autres touchent notre bras. 

A première vue, Tuong Van n’est pas à l’école. Les petites filles nous disent qu’elle était inscrite en début d’année et qu’elle venait, mais elle n’est pas venue depuis longtemps.

Comment peut-on laisser traîner une fillette de 8 ans?

D’autres enfants nous disent qu’elle est peut-être retournée chez sa grand-mère. Nous prenons donc la direction de sa maison. Après encore un quart d’heure de route, nous arrivons, la grand-mère nous accueille. Elle a bien recueilli Tuong Van, car la maman ne s’en occupe pas. Sa maison est loin et elle ne veut s’en doute pas s’embêter à l’emmener à l’école. La grand-mère a aussi récupéré le petit frère. Elle nous parle et nous raconte l’histoire les larmes aux yeux

Les deux enfants non scolarisés traînent dans le quartier. Est-ce une vie?

Tuong Van

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son petit frère et sa grand-mère

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C’est pour cela que l’association française Les Sampaniers du Vietnam a décidé sous la direction de Thuy de mener un nouveau projet, acheter un terrain et y construire un refuge pour enfant appelé « la maison des affections » Il faut savoir qu’au Vietnam rien n’est fait, tout est à faire même si le pays se développe assez vite, aucune structure n’est prévue pour ce genre de cas.

Une enfant laissée à l’abandon, un enfant que l’on bat, un enfant qui a perdu ses parents ou ayant des parents malades. Cela ne devrait pas exister. L’association dénombre déjà une dizaine de cas d’enfants dans les alentours de Hue qui sont en danger et qu’il faut à tout prix sortir de leur environnement familial. Mais pour cela il nous faut des fonds. La première étape étant d’acheter le terrain. Nous avons déjà récupéré 5000€ sur les 8000€ nécessaire, pour mes lecteurs qui seraient intéressés ils peuvent faire des dons ou avoir plus d’infos sur le projet:

http://lessampaniersduvietnam.over-blog.org/

Chaque don, même minime est apprécié, et un reçu fiscal est établi pour déduction des impôts à hauteur de 66%.

Toutes les bonnes actions ou bonnes idées pour notre projet sont à prendre!

La récap, une journée avec Thuy

Qui a dit que les routes au Vietnam étaient une promenade de santé? looooool

Equipe 1: Thuy et Jean

Equipe 2: Phuong et Sabrina (et oui mon fidèle chevalier est allé faire travailler ses petits muscles pour décaisser derrière une maison, j’ai récupéré une jolie jeune fille à la place!)

Equipe n°3: Mr Cuit et Bertrand

total passé dehors: 9h

enfants vus: 12

kilomètres parcourus aujourd’hui à motobylette: 80

Seul l’équipe 2 et 3 a attaqué les hostilités entre 9h et 11h, on a réussi à voir 2 enfants Bao Vy et Thuy Giang, dans la région de Hu’o’ng. Mais il faut savoir que certaine fois, même souvent,  retrouver un enfant tient du ressort de la course aux trésors! Investigation auprès des habitants pour savoir quelle route, car des fois, des routes y’en a partout dans la forêt et il faut savoir ou aller. Donc ça nous prend quelque fois un peu de temps et d’attente que l’enfant rentre de l’école.

Le plus dur, c’est la zone couverte par l’association, ce qui est difficile, c’est d’aller voir tous les filleuls à moto. Les enfants les plus loin sont dans les 70km aux alentours de Hue. Les routes/chemin étant très mauvais, cela prend un temps fou.

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Je vous laisse apprécier la qualité de la route!

On a visité pas mal d’enfants aujourd’hui. L’équipe n°1 Thuy et Jean nous ont rejoint à 11h pour le début de la tournée! Thuy du haut de ses presque 8 mois de grossesse se pose délicatement en amazone derrière Jean qui conduit doucement pour ne pas bousculer la petite Adèle.

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Thuy aime passer du temps avec les enfants, leur parler, les conseiller. Elle gère énormément de cas bien différent.

Après avoir bien tourné dans les petites montagnes (il n’y a pas grand choses à part un chemin et quelques maisons) aux alentours de Hue au matin, vers 13h30 on s’est quand même dit qu’il fallait peut-être qu’on aille manger!

On a repris tranquillement l’après-midi après un arrêt chez Thuy. On a réussi à aller voir mon dernier filleul Van Binh, qui est orphelin de parents, n’a plus que sa grand-mère presque aveugle, qui fait la manche, son frère et sa soeur, son beau-frère.

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Dans la maison, il n’y a pour ainsi dire…. rien. Dans la pièce principale, un petit établi en bois, pouvant servir de bureau, un matelas une place, une chambre avec juste un lit en bois. Une arrière cuisine extérieure. Ils vivent à 6, la grand mère, le grand frère de Binh qui travaille, la soeur, le beau-frère, un neveu  (et une futur bébé) et Binh.

Il fait très noir dans la maison, malgré le néon. La maison est mitoyenne de chaque côté et n’a donc pas de fenêtre, tout en long. Le matin, Binh va prendre son petit déjeuner chez la cousine de Thuy qui a je crois une sandwicherie.

Dimanche, on ira lui acheter un vélo, il doit aussi aller faire un contrôle des yeux pour savoir s’il a besoin de lunettes. Il s’est avéré que près de 90% des enfants ayant consulté avaient besoin de lunettes.

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Les journées de Thuy sont loin d’être reposantes. Quand on est en France, on ne s’imagine pas un seul instant la distance qu’elle parcourt tous les jours pour visiter les enfants, ni l’état des routes délabrées. Elle est le pivot de bien des familles et les quartiers la connaissent. Peu de vietnamiens pourraient faire ce qu’elle fait d’autant plus qu’elle parle de patois vietnamien de Hue.

Je sais que les marraines on est souvent impatientes d’avoir des nouvelles, je comprends mieux maintenant les contraintes de terrain. On s’imagine qu’en un claquement de doigt elle peut aller voir un enfant mais des fois cela peut prendre jusque 2h de route et il faut tomber pendant le créneau ou ‘enfant est présent. Gérer tout ce petit monde, chapeau bas à Madame Thuy!

Je voudrais aussi passer une spéciale dédicace à mon mari et son action solidaire qui prend énormément de photos, il faut savoir que l’on est parti à 2 appareils. Qui sans rien demander s’est occuper des ordinateurs  de la ludothèque et qui a réalisé aujourd’hui une superbe prouesse solidaire dont malheureusement je n’ai pas de photos, faire 15 kilomètres à moto en tenant le vélo de la petite Vy de Hue à Phu Mau, c’était quelque chose!